Le Coeur cousu, Carole Martinez, 2007

coquillage



Carole Martinez

Carole Martinez, février 2018

L'écrivain

C'est une jeune femme née le 10 novembre 1966. Elle grandit à Paris entre une grand-mère d'origine espagnole, concierge, conteuse d'histoires familiales hissées au niveau des contes et légendes, et des parents qui, dans ses dires, paraissent aussi tendres que fantaisistes. Jeune fille, elle rêve de théâtre, puis finit un jour par passer la CAPES de lettres et devient professeur de français, en 1996 (La Croix, août 2012).  Elle est mariée, a deux enfants, et se trouve actuellement en disponibilité.
Le Coeur cousu est son premier livre et il a surpris la critique à un point tel qu'elle ne l'a vu venir que lorsqu'il en a été à son huitième prix, ce que Gallimard s'est empressé de faire savoir par un bandeau rouge sur la couverture, bandeau dont il n'est pas sûr que l'existence n'ait pas été quelque peu répulsifve pour ceux qui attendent de la littérature autre chose qu'une marchandise dûment estampillée. Reste l'oeuvre et elle valait mieux que ce trop énorme bandeau rouge, ou à peine moins gros le jaune qui ornait la publication en Folio.
Depuis Carole Martinez poursuit une écriture fascinante. Le Domaine des murmures, 2011. La Terre qui penche, 2015.
Avec Maud Begon (dessinatrice), elle est l'auteur d'une série en bandes dessinées,  Bouche d'ombre, qui en est à son troisième volume.
A écouter ses interviews, elle donne l'impression d'être dans la jubilation, constamment. Elle a visiblement du plaisir à écrire, à raconter, plaisir qui en effet se lit dans ses textes, du plaisir aussi à être interrogée.
Carole Martinez, c'est du nouveau en littérature, ce qui n'arrive pas si souvent. Réjouissons nous !





Le roman

Le titre
lequel, si l'on se fie à La Croix (août 2012), aurait été proposé par l'éditeur, l'auteur ayant plutôt envisagé "Traversée". Ce "coeur cousu" peut se lire à plusieurs niveaux.
Sur la couverture, avant lecture, il est assez mystérieux pour faire songer à quelque chose de l'ordre du sortilège en rappelant un tableau de l'école de Van Eyck conservé au musée de Leipzig où une jeune femme dénudée fait tomber une pluie d'étincelles sur un coeur rouge disposé dans un coffret. le tableau a été intitulé "Philtre d'amour". Le lecteur soupçonne une histoire de sorcellerie, et il n'a pas tout à fait tort, mais pas exactement où il l'attend.
La lecture va en dévoiler assez rapidement le sens, par rapport au récit. L'héroïne, Frasquita, encore adolescente, découvre que la vierge de l'église, tant admirée du village est, en fait, sans corps. Le doux visage qui surmonte le manteau bleu qui l'enveloppe ne possède en fait de corps qu'une armature de fils de fer. La jeune fille s'en émeut et lui brode un coeur rouge : "[...] dès le seuil, il [le curé] vit, de ses propres yeux, au centre même du pantin de paille et de métal, comme suspendu dans le vide, un magnifique coeur rouge et or palpiter."(Folio, p. 62), et plus loin "il constata qu'attaché au squelette à l'aide d'un réseau de fils de couleurs un coeur brodé vibrait, sensible au moindre souffle." Le "coeur cousu" est un des premiers chefs-d'oeuvre de la couturière de génie qu'est Frasquita. Nul ne le verra pourtant hormis le curé et les six vieilles femmes chargées de s'occuper de "la Vierge bleue dans la plus grande discrétion."
Mais c'est aussi la définition du texte lui-même, c'est le "coeur" au sens des émotions, des sentiments, qui est cousu dans les phrases et l'ordre des mots. "Coudre/broder" et "écrire" sont bien la même chose. A attacher les mots les uns aux autres, l'écrivain dessine ce qui était informe et en même temps le fige, d'une certaine manière, le coagule, le "gèle" (comme les paroles gelées, chez Rabelais, à l'inverse, fondaient pour se faire entendre), mais par là même en permet la transmission, la circulation.



Philtre d'amour

Le Philtre d'amour, école van Eyck, vers 1450, MBKL, Leipzig,


Enfin, c'est aussi la métaphore de l'expérience des personnages. Car chacun, la mère, Frasquita, comme les filles, Anita, Angela, Martirio, Clara, et Soledad (l'écrivain),  possède un coeur, entendu comme siège des sentiments et des émotions, "cousu" au sens de fermé, comme on dit "bouche cousue". Quant à la narratrice elle aurait tendance à généraliser, et à voir dans toutes les femmes des coeurs cousus : "Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur." (p. 392) dit elle en s'adressant directement à ses lectrices "Écoutez, mes sœurs !" (troisième livre, chap. 13)
Et même les personnages masculins, le père, José, le fils, Pedro el Rojo, ou le révolutionnaire Salvador, ou Juan qui épouse Anita, ou le vitrier, Lunes, qui épouse Martirio, sans oublier l'ogre, ont tous, à un moment ou un autre, un coeur "fermé" / "cousu" qui doit être ouvert pour que quelque chose vive.  La métaphore pouvant d'ailleurs être à double sens, car il est possible de penser aussi qu'il s'agit d'un coeur cousu pour avoir été entaillé, ouvert de mille plaies, en somme un coeur réparé.

Le narrateur


Il s'agit d'une narratrice qui se présente dans le prologue. Elle est la dernière fille de Frasquita, l'héroïne, la seule qui ne puisse savoir qui est son père, née au bout de la fuite, de l'autre côté de l'eau. Elle a nom Soledad. Elle incarne, en quelque sorte, la littérature ; l'écriture, à l'encontre du conte oral, est une activité solitaire. Il lui faut d'abord s'abstraire de l'univers des corps en refusant le mariage ; cette décision prise l'abstrait du temps vivant, elle a vieilli en une seule nuit, brutalement, en même temps jeune et vieille, au temps des découvertes et dotée d'une mémoire immémoriale, elle devient à la fois passé, présent et avenir, ce qu'est le livre lui-même ; elle est celle par qui cesse le temps de l'oralité et donc de la répétition. Comme sa mère cousait, avec tous les bouts de chiffons trouvés, des robes de contes de fée, elle recoud les morceaux épars d'une histoire, celle de Frasquita et, ce faisant, la sienne comme celle de ses soeurs et de son frère.
Le prologue place ainsi le récit qui va suivre, et dont sont anticipées les étapes, sous le signe de la fable et du conte. Le propos de l'écriture est ainsi signifié "Mon lumineux cahier sera la grande fenêtre par où s'échapperont un à un les monstres qui nous hantent." (p. 21)
Une fable parce que au fur et à mesure qu'avance la lecture, il  devient évident qu'y est proposé quelque chose de l'ordre de la réflexion débordant les aventures des personnages, quoique profondément inscrit en elles, appelant l'interprétation et donc, en somme, une leçon.



oliveraie

oliveraie

La première partie du roman se déroule dans un petit village de montagnes, Santavela, dont la richesse est celle des oliviers appartenant à la famille Heredia : "Un homme nommé Heredia régnait sur le pays. La moindre pierre était sienne."


Un conte, dans la mesure où se tissent des éléments que l'on pourrait dire "réalistes" (la vie quotidienne de paysans pauvres avec leurs croyances qui peuvent être cruelles, ainsi de leurs idées sur l'honneur des filles qui vont jusqu'à l'ostracisme de celle qui est soupçonnée, leurs superstitions et leur rapport à la religion elle-même qui en est tout imprégnée, ce qui trouble profondément leur curé venu de la ville ; la présence des anarchistes qui
tentent d'organiser la résistance aux grands propriétaires, lesquels apparaissent en Espagne à la fin des années 1870) à du merveilleux, voire du fantastique (les caractéristiques de "sorcières" données à Frasquita et à ses filles : pouvoir de communiquer avec les morts, de soigner et guérir l'impossible, "la voix du diable" d'Angela —trop belle pour être naturelle —, la luminosité de Clara, etc.)

La construction


Le récit de Soledad est divisé en un prologue, trois livres et un épilogue. Les trois livres,  "Une rive",  "La traversée" et "L'autre rive", sont de longueurs inégales, 28 chapitres, 17 et 21. Les chapitres non numérotés sont tous titrés.
Le premier livre commence, dans le village de Santavela, avec l'initiation de Frasquita, au moment de la semaine sainte (première mensturation, apprentissage des prières et remise du coffret mystérieux à n'ouvrir que neuf mois plus tard)  et s'achève sur sa fuite du village avec ses cinq petits enfants.
Le deuxième raconte le voyage vers le sud et les diverses rencontres, celle des morts comme celle des vivants, celles de la souffrance, de la violence, celle des individus, comme celle des groupes, paysans révoltés, militaires chargés de les réprimer, jusqu'à la naissance de Soledad, sur l'autre rive.
Le troisième, enfin, suit la croissance des enfants, de l'autre côté de la Méditerranée, dans le faubourg le plus pauvre d'une ville, qui pourrait être au Maroc, ou en Algérie, au plus près du désert, leur destinée à chacun, jusqu'à la consommation du mariage d'Anita et à la fin du récit de Soledad, de nombreuses années plus tard.



robe de mariée, détail

Robe de mariée d'Alice Wade Everett, détail du corsage.  Charles Frederick Worth (1879)


Mais cette construction linéaire, qui flirte quelque peu, dans la deuxième partie avec le roman picaresque, ne l'est que de suivre le fil, car les fragments que ce fil "coud" entre eux sont plutôt comme les pièces d'un patchwork, à la fois indépendants et néanmoins nécessaires à l'ensemble. Fragments, éclats dans la vie des personnages multiples, ils finissent par projeter le reflet d'une interrogation sur ce qu'est vivre au féminin.
L'aventure des personnages se déroule dans un temps à la fois défini, l'Espagne et le Magrheb de la fin du XIXe siècle (en raison de la présence des  anarchistes au coeur des révoltes paysannes et des caractéristiques du peuplement colonial, armée française, Espagnols immigrés — et l'on pense à la famille maternelle de Camus, sa grand mère, Espagnole illettrée), mais aussi dans le hors-temps des contes qui est celui de la répétition.

Les personnages

Franscica : mère de Frasquita. Elle a 45 ans lorsque sa fille unique lui vient. Elle transmet toutes les superstitions et a elle-même, par sa propre impatience, perdu la connaissance de ce qui aurait été son don. Son mari est vigneron. Tous deux meurent peu avant la naissance du 4e enfant de leur fille. Le père, sénile, cherchait désespérement à ouvrir des portes. Ils s'enfuient du village, ne vont guère loin, mais semblent être morts en paix "on retrouva leurs corps intacts enlacés dans une frondrière".
La Carasco : mère de José, veuve, vieille et extrêmement laide, dure à la tâche et aux autres mais que finit par attendrir le talent de sa belle-fille.
Frasquita : mariée à 16 ans à José Carasco, charron plutôt mutique, sujet à des accès de folies assez surprenants, se prendre pour un volatile et vivre dans le poulailler après la mort de sa mère, se noyer dans les chiffres et les calculs, se prendre de passion pour un coq rouge qu'il s'agit de faire combattre, au point de parier sur lui tout son avoir, y compris sa femme. A d'exceptionnels talents de couturière qui lui permettent à la fois de produire des robes qui vont exalter l'invisible beauté des jeunes femmes, même les moins gâtées par la nature, de "raccommoder" les âmes blessées ou de recoudre les chairs abîmées, elle joint une beauté et une énergie peu commune. Ce que ses aiguilles et ses fils touchent se transforme en beauté. Mais pour se trouver vraiment, il lui faut quitter le village en embarquant ses petits. Elle veut le sud, une oasis, un lieu où être sans être un enjeu. Le chemin sera difficile. Elle conjoint en elle les trois visages du féminin tels que l'imaginaire masculin se les représente, la mère (c'est par là qu'elle commence), l'amante en découvrant son corps avec le jeune Heredia qu'elle avait entraperçu la nuit où elle avait enterré sa boîte dans l'oliveraie, l'amoureuse avec Salvador qu'elle sauvera sans que lui parvienne à rien sauver, ni lui, ni les autres.
Couturière dans la ville de l'autre rive, elle meurt d'épuisement.




Méditerranée

La Méditerranée, quelque part sur la côte andalouse


Maria et Blanca "les femmes qui aident". Même âge, mêmes fonctions, l'une sèche, l'autre grosse, elles "faisient les bébés et les morts". Deux femmes âgées, "deux mères chargées d'ouvrir les portes du monde." Maria est du village alors que Blanca est une étrangère, une bohémienne qui cache un mystère, mais toutes deux riches de savoirs et de bonté. "Mais comme il arrive souvent quand deux figures se partagent une même case sur l'échiquier d'un village, la rumeur leur avait donné à chacune une couleur. La Maria passait pour une sainte femme et, malgré le respect qu'inspirait la Blanca, on lui avait distribué le rôle de la pièce noire, celui de la sorcière." Frasquita trouve en elles des amies. Le chapitre qui les présente (Le 7e du premier livre) raconte avec une grande finesse et une grande justesse les ambivalences de la figure de la "sorcière", telle qu'elle s'exprime encore à propos de Frasquita dans les propos des commères du faubourg où elle est morte.
Maria meurt après la naissance de Clara.
Autres personnages apparaissant dans le premier livre : Luisa, la jeune femme réduite à la condition de prostituée, joueuse d'accordéon, devient la maîtresse d'Heredia, le propriétaire, et l'amie de Frasquita. Le curé rationaliste venu de ville et ne parvenant pas à contrôler les superstitions de ses paroissiens. Heredia fils, le plus jeune fils du propriétaire, envoyé à la ville puis revenant prendre possession de son héritage, amoureux de Frasquita, mais sans pouvoir sur cet amour. Adolescent quand il part, il a 35 ans quand il revient. Eugénio, l'ogre, porteur plus qu'un autre des ambiguités de l'être humain, médecin (et compétent si l'on en croit le curé et ses résultats dans le soin des rhumatismes), il évoque les travaux de Pasteur sur la rage (on est donc dans les années 1880), mais...
Dans le deuxième livre, le plus important est Salvador, le jeune anarchiste qui cite Bakounine à l'occasion, "il sait lire, il vient du Nord" affirme un paysan qui refuse toute confiance à un étranger quel qu'il soit. Salvador connaît Eugénio et l'aime bien. Mais le récit prouvera que ses élections amicales ne sont pas souvent fiables.
Le troisième livre, consacré essentiellement aux enfants de Frasquita ne présente de nouveaux personnages que les hommes qui vont partager leur vie. D'abord, Juan, le rieur, le généreux, ami des petites enfants, qui va épouser Anita. Pierre, le militaire français, qui ne survit pas à son mariage avec Clara. Lunes (Lundi, jour de la lune), le vitrier qui fascine un temps Clara à cause de la luminosité de ses vitres, mais qui préfère, c'est logique, Martirio, la nocturne, car de la nuit (ma "neuille" la nomme-t-il d'un vieux mot d'argot) à la lune (qui n'est que reflet), l'accord est nécessaire. Le père André, infortuné curé, bien moins rationaliste que celui du village, dans le faubourg Marabout, qui perd le peu de raison qu'il avait dans la voix d'Angela.

Sahara

Désert du Sahara

"Je ne sais où me conduiront mes jambes et il me semble que la boîte que je porte me mumure des mots dans la solitude éblouissante du désert." écrit Soledad dans l'épilogue. Tout y finit, et l'avenir devient une page blanche "Alors, se lèveront les morts pour la dernière fois avant de regagner le néant à tout jamais et le fil sera coupé."



S
orcelleries


Il y a bien sûr les comportements des personnages féminins qui en relèvent directement ou non. Directement, quand il s'agit de soigner, de faire naître un bébé mâle (marqué par la lune rousse), de cristalliser des impulsions de révolte, d'inventer des robes qui feront des mariages heureux ; indirectement lorsqu'il s'agit d'amour, puisque Luisa d'une certaine manière ensorcelle le vieux Heredia, comme, en retour, il l'ensorcelle ; comme la beauté du tapis dans la maison de la vieille femme arabe guérit le malheur, la folie de Frasquita ; comme Clara ensorcelle Pierre ("elle est la poésie") et qu'il l'ensorcelle, en retour.
La sorcellerie est sans doute le nom de tout ce qui n'en a pas. La beauté comme l'amour échappent le plus souvent à toute explication, reste pour tenter d'en rendre compte, les histoires de magie, celles des sorcières ou des fées. Notre époque semble privilégier les sorcières ou, en tous cas, leur imaginaire. Si tout ce qui est facile "n'est pas sorcier", alors le contraire s'impose.
Mais la magie qui opère dans le roman de Carole Martinez, c'est celle des mots. Là encore bien proche de la sorcellerie qui n'est que charmes (qui vient de carmen, le chant, l'incantation) et sortilèges.
La littérature tout entière irrigue ce roman. De la charrette à bras de Frasquita qui éveille en écho celle de Mère Courage (Bertold Brecht) à Clara endormie que son vieux mari impuissant offre à des amants de passage et qui résonne (en plus brutal certes) avec Les Belles endormies (Yasunari Kawabata) ; de Salvador dont le charme et le panache rappellent brièvement le Ferrante Palla de La Chartreuse de Parme (Stendhal) aux deux "femmes qui aident" qui sont, peut-être un souvenir des deux sages-femmes de La Petite Fadette de George Sand, jusqu'aux palimsestes que peuvent être d'autres personnages comme Martirio qui parle avec les morts, que sa mère ramène du sombre royaume, qui peut donner la mort mais aussi la vie, Hécate ou Séléné selon l'heure, nécessairement soeur du soleil qui habite Clara. Ou Frasquita elle-même dont les robes de mariées laissées en héritage à ses filles indiquent leur avenir, qui en devient ainsi une manière de Parque, le fil et la vie se confondant.
Il n'est jusqu'au chapitre 13 du troisième livre qui pourrait paraître superfétatoire (il en dit trop, d'une certaine manière, en explicitant ce que tout le roman est chargé de faire trouver au lecteur) mais qui semblant faire écho au poème de Nerval, "Artémis", dans Les Chimères, dont les deux premiers vers disent : "La treizième revient... C'est encore la première / Et c'est toujours la seule — ou c'est le seul moment", autre manière d'écrire le féminin en prose poétique, renoue avec le thème lunaire, et rappelle en somme la nécessité d'une lecture symbolique de l'ensemble.
Et de fait, tout le roman relève de la prose poétique, dans ses élans lyriques, comme dans ses évocations de violences ou de cruautés, pas seulement celles des combats, ou du crime, car les discours des commères villageoises sont loin d'en être exempts, c'est la vie qui se glisse dans ce phrasé qui va glissendo dans une réinvention d'une oralité qui n'a jamais existé mais existe quand même. Le lecteur se prend à déclamer. Ce qui permet ce jeu naît de l'ambiguité de la narration, à la fois à la première personne, puisque la narratrice s'est présentée dès le prologue, et qu'il lui arrive d'intervenir directement, au présent dans son récit, et que le plus souvent, il s'écrit à la troisième personne puisque c'est la vie des autres qu'elle raconte, laquelle vie est aussi issue des contes de la soeur aînée, Anita, retissant sans fin l'histoire de leur mère et de leur aventure depuis le village jusqu'à la ville de l'autre côté de la mer.
De la belle ouvrage !




A lire
  : une  interview de l'écrivain en décembre 2017, sur le site unmondelitteraire.com
A regarder et écouter : sur france3 Bourgogne-Franche Comté, une interview de l'auteur, pour la sortie de Terre qui penche, septembre 2015.



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