21 juillet 1899 : Ernest Hemingway

coquillage




Henry Strater

Bois gravé d'Henry Strater pour In our time, publié en France, à 170 exemplaires, en 1924

Un besoin d'aventures

Oak Park, banlieue de Chicago ; banlieue huppée, "bon chic, bon genre" (la rumeur publique disait alors d'Oak Park que là s'arrêtaient les débits de boisson et commençaient les églises) où naît le 21 juillet 1899, le deuxième enfant de Clarence Edmunds Hemingway, médecin, et de son épouse, Grace Hall Hemingway. Les familles paternelle et maternelle y sont installées depuis une génération. Le jeune Ernest va y grandir, à son tour, avec sa soeur aînée (Marcelline, née en 1898) et ses jeunes soeurs et frère (Ursula, née en 1902 ; Madelaine, née en 1904 ; Carol, née en 1911 ; Leicester, née en 1915).
Il y passe une enfance et une adolescence sans particularité notable, partagée entre la ville où il fait ses études, et la maison d'été, construite en 1900, à 500 km au nord-est de Chicago, à Horton Bay, sur les bords du Walloon Lake. Très jeune, son père lui transmet son goût de la pêche et de la chasse; il l'accompagne aussi chez les Indiens Ojibways lorsque ce dernier, qu'ils appellent "Oeil d'aigle", va les soigner. Toutes expériences où puiseront, plus tard, les récits ayant pour personnage principal Nick Adams.
Il fait ses études secondaires à Oak Park, durant lesquelles ses premiers écrits paraissent dans les deux journaux de l'Ecole (Trapeze, hebdomadaire et Tabula, la revue littéraire) en même temps qu'il apprend la boxe tout en faisant partie de l'équipe de football (américain, bien sûr) et de celle d'athlétisme. En somme, le jeune Ernest est un jeune homme américain que l'on pourrait croire totalement adapté à son milieu si ce n'était un profond désir d'écrire, une certaine propension à la fugue et son refus tout net de poursuivre ses études. Il veut travailler, et surtout, sans doute, fuir une mère particulièrement dominatrice et, malgré une certaine complicité avec le père, l'étroit puritanisme de ce dernier qui devait commencer à peser sur un adolescent en quête perpétuelle de nouvelles sensations.
Le jeune Hemingway qui quitte le Michigan en 1917 est doté d'une solide culture. Il a beaucoup lu (et il lira toujours beaucoup) ; admire profondément Mark Twain qui sera toujours pour lui le vrai fondateur de la littérature américaine, et son Nick Adams, enfant, a de nombreux points communs avec Huckleberry Finn, le jeune héros de Twain.
Il entre, en octobre 1917, grâce à l'intermédiaire d'un oncle, dans un journal de Kansas City (Missouri), le Kansas City Star. Comme tous les débutants, on le met aux faits divers. Il y apprend le métier avec passion, semble-t-il. Et son écriture en gardera la marque : concision, rigueur, précision, originalité de l'angle d'attaque.
En Europe, la Grande guerre poursuit ses ravages, et en avril 1917 les USA sont entrés, à leur tour, dans le conflit. Ernest veut s'engager mais il est refusé en raison de sa myopie.  Il s'entête, néanmoins, et finalement, en avril 1918, réussit à se faire accepter par la Croix Rouge. Il rallie Paris en juin et est envoyé sur le front italien.



Un débutant en Europe

La guerre ne va pas durer longtemps pour lui puisqu'il est blessé dès le 8 juillet par l'explosion d'un obus, alors qu'il distribue, avec trois de ses camarades,  des "douceurs" (cigarettes, chocolat) dans les tranchées. Il parvient malgré tout à rejoindre un poste de secours, puis il est hospitalisé pour trois mois à Milan, où il tombe amoureux d'une infirmière. L'idylle dure peu, la jeune femme lui préférant un autre homme, mais elle servira de point de départ à L'Adieu aux armes, quelques années plus tard. En janvier 1919, il est de retour aux USA et quoique fêté comme un héros par sa famille et la ville d'Oak Park, la vie lui y pèse autant, sans compter le traumatisme qu'a été pour lui, comme pour tant d'autres, le vécu réel de la guerre, même s'il n'y a été qu'un témoin, et non un combattant. Il est vrai qu'il a été un témoin de première ligne pour la souffrance et l'horreur, en tant qu'ambulancier.
Il part à Toronto et collabore, à la pige, au Toronto Star Weekly, puis de retour dans le Michigan trouve un travail de rédacteur en chef adjoint dans une publication, tout en continuant à piger pour son journal canadien. Il sait qu'il veut devenir écrivain, et distingue entre l'écriture journalistique et l'écriture tout court. Distinction plus théorique que pratique, puisque nombre de textes journalistiques se retrouvent tels quels dans l'oeuvre ou en fournissent le point de départ et qu'inversement ses articles prennent souvent l'allure de nouvelles. En 1920, il fait la connaissance d'Elisabeth Hadley Richardson (1891-1979) avec laquelle il se marie l'année suivante (1921). Le jeune couple décide d'aller vivre à Paris. Hemingway parvient à obtenir du Toronto Star d'être son correspondant pour l'Europe et, par ailleurs, Sherwood Anderson (1876-1941), lui-même écrivain, dont il avait fait la connaissance à Chicago, lui donne une lettre d'introduction pour Gertrude Stein.
C'est donc à Paris qu'Hemingway va commencer sa vraie carrière d'écrivain, sans jamais d'ailleurs abandonner, totalement, celle de journaliste. Paris, dans les années 1920, est la capitale du monde artistique. Une capitale singulièrement dispersée en coteries diverses, les surréalistes par là, les Américains du nord par ici, les Américains du Sud ailleurs, mais l'ensemble fait un bouillon de culture particulièrement riche. Si Hemingway rencontre et fréquente tout le monde, de Gertrude Stein à Ezra Pound, de John Dos Passos à James Joyce, il travaille bien davantage qu'il ne fait la fête, malgré le titre, en français, de son livre posthume (A Moveable Feast, Paris est une fête, 1964) rédigé à la fin des années 1950. Si l'on prête attention à d'autres sens de "Feast", celui de banquet, entre autres, Paris a bien été une manière de banquet platonicien, un lieu d'échanges, de réflexions, d'apprentissages de tous ordres dont le très jeune écrivain va faire tout son profit.
Son premier livre, Three Stories and Ten poems (Trois contes et dix poèmes) est publié en 1923 (300 exemplaires) et les revues américaines commencent à accepter ses nouvelles. Entre mai et janvier 1924, le couple rentre aux USA où naît le premier enfant de l'écrivain qui en aura deux autres avec sa deuxième épouse.
De retour à Paris, après avoir démissionné du Toronto Star, Hemingway se cloître en écriture. C'est bien sûr une façon de parler, mais l'essentiel est là: écrire, écrire. En 1924 paraît In our time (170 exemplaires) repris, en 1925, par un éditeur de New York, sous le même titre mais selon les normes typographiques anglo-saxonnes avec majuscules, In Our Time, remanié par son auteur qui ajoute aux premiers, de nouveaux textes, le plus souvent très brefs (comme dans le recueil de 1924), dont Nick Adams est fréquemment le protagoniste.




Hemingway en 1918

Hemingway, en 1918, à Milan. Il porte l'uniforme des engagés dans la Croix rouge. Il a été nommé avant de partir "lieutenant honoraire", il a donc le statut d'officier.


Ecrire (et il travaille alors sur Le Soleil se lève aussi) n'empêche pas de voyager, en Espagne, en Autriche aussi. En 1926, Hemingway change d'éditeur et publie The Torrents of Spring (Torrents de printemps) et en octobre de The Sun Also Rises (Le Soleil se lève aussi).
Il se sépare de sa première épouse et, en 1927, épouse Pauline Pfeiffer (1895-1951), journaliste à Vogue.
En 1927 paraît un nouveau recueil de nouvelles, à New York, Man without Women (Hommes sans femmes). Au début de l'année 1928, sa jeune femme enceinte désire retourner aux USA, et les Hemingway vont s'installer, sur les conseils de John Dos Passos, à Key West, où naît son deuxième fils en mai. A la fin de l'année le père de l'écrivain, malade, se suicide et son fils aura bien des difficultés à clarifier ses émotions par rapport à ce geste.



Les chemins de la légende

Key West sera le port d'attache de l'écrivain pour une douzaine d'années ; ces années durant lesquelles se modèle un "ethos" d'écrivain baroudeur, si l'on peut dire, autant voulu que subi par Hemingway. En 1935, il écrit, pour Esquire, un article plein d'humour sur cette réputation, intitulé "Les curiosités de Whitehead Street : une lettre de Key West" qui commence par "La maison qu'occupe actuellement votre correspondant est classée dix-huitième dans une liste de qurante-huit choses à voir pour un touriste à Key-West."
En 1929
paraît A Farewell to arms (L'Adieu aux armes) dont le succès est immédiat  : 80 000 exemplaires vendus en quatre mois. Une adaptation cinématographique par Frank Borzage tout aussi immédiate. Hemingway est entré dans la spirale du succès. Il devient l'équivalent d'un acteur de cinéma, une "star", tout ce qu'il fait alimente la presse, les photographies de ses activités se multiplient, et il s'y prête avec complaisance, déployant, dans un certain exhibitionnisme, une virilité de cliché, à tous les sens du terme, construite d'idées reçues autant qu'exhibée sur les multiples photos pour lesquelles il pose avec ostentation, torse nu, devant ses prises d'énormes poissons (Marlin, espadon ou autres). Il est déjà "papa", un surnom dont il s'est lui-même affligé.
Il bouge beaucoup, voyage en Europe (Espagne en 1930, France en 1932, de nouveau en Espagne en 1933, puis en Afrique pour chasser le gros gibier). Quand il est à Key West, il écrit certes, mais il pêche aussi, toujours du gros. En 1934, il achète un bateau, le Pilar, sur lequel il passe de plus en plus de temps.
Puis éclate la guerre d'Espagne. Hemingway reprend du service comme journaliste. Son mariage ne va pas très bien, et il est vrai que depuis son premier voyage en Espagne, en 1924, l'écrivain est amoureux de ce pays. Le Soleil se lève aussi (1926) en dépeignait déjà avec bonheur ce qu'il en aimait, des paysages aux hommes, en passant par les corridas.  Il suit de près les événements et en janvier 1937, il part comme correspondant pour la North American Newspapers Alliance. Tout en couvrant l'actualité, il travaille avec Joris Ivens à son film Terre d'Espagne (il en rédige le commentaire qu'il dira lui-même), destiné à récolter des fonds pour les Républicains. Un peu auparavant, il a fait la connaissance de Martha Gellhorn, journaliste, qu'il retrouve à Madrid et qui deviendra sa troisième épouse.
A la fin de la guerre, lorsqu'il est évident que les Républicains ont perdu, en novembre 1938, après quelques temps à Key West, il part pour Cuba.
Sa première visite à l'île est ancienne, elle remonte à 1928. Il y est souvent revenu pour pêcher, mais aussi pour écrire, dans la chambre 511 de l'hôtel des Deux mondes. Il aime Cuba qui le lui rend bien.
En 1939, il achète avec Martha, une propriété à San Francisco de Paula (à 10 km de La Havane), la "Finca Vigia", baptisée ainsi en raison de la tour qui flanque la maison. Hemingway y vit jusqu'en 1959. Il épouse Martha en 1940, ils divorceront en 1945. Pendant la guerre, Martha continue son métier de correspondant de guerre. Hemingway, lui, ne rejoint l'Europe qu'en 1944, après s'être livré à des activités "d'espionnage" assez complaisamment soutenues par les autorités : il s'agissait de surveiller les eaux cubaines pour y débusquer les sous-marins allemands, et en même temps la possible infiltration de nazis sur le territoire cubain. Inutile d'ajouter que ni sous-marins, ni "cinquième colonne" ne furent découverts.




Hemingway 1957

Photographie d'Hemingway, 1957, Yousuf Karsh (1098-2002).
Une très belle photographie, échappant tout à fait à la mise en scène habituelle de l'homme "fort et viril". C'est le portrait profondément émouvant d'un visage las, triste, vieilli où se retrouvent pourtant la beauté et l'équilibre du jeune visage qu'il a été.


Pendant toutes ces années, Hemingway a beaucoup écrit, beaucoup publié. Livres sur la thématique espagnole, avant et pendant la guerre, comme Death in the Afternoon (Mort dans l'après midi) en 1932, ou For Whom the Bell Tolls (Pour qui sonne le glas), 1940 ; livres liés à ses expériences africaines, Green Hills of Africa (Les Vertes collines d'Afrique), 1935 ; sans oublier les nouvelles, nombreuses dont il rassemble un certain nombre dans The First Forty Nine Stories en 1938. Ses romans ont été adaptés au cinéma.
Après la guerre, il rejoint Cuba. Il épouse en 1946, Marie Welsh, elle aussi journaliste, connue en Angleterre. En 1952 est publié The Old Man and the Sea (Le Vieil homme et la mer) que l'on peut sans doute considérer comme le plus beau des romans d'Hemingway et couronné du prix Pulitzer (le plus prestigieux des prix littéraires étasuniens) en 1953. En 1954, l'ensemble de son oeuvre est honorée du prix Nobel, mais son médecin lui interdit le voyage à Stockholm (ou Hemingway se sert du prétexte pour se dispenser de la corvée, avec lui, on ne sait jamais).
Les années de beuverie commencent à faire sentir leur poids et celles qui lui restent à vivre seront difficiles, même s'il continue à écrire et à voyager.
En 1957, à Paris, il retrouve deux vieilles malles, perdues depuis 1928. A partir de ces notes, il rédige Paris est une fête, retour sur les années heureuses, parce que débordantes d'espoirs, de ses débuts, mais aussi sévère réglement de comptes avec certains de ceux qui avaient été ses amis proches ou l'avaient aidé à publier ses premiers textes.
Sa santé continue à se dégrader (cirrhose et tension artérielle). Il quitte Cuba. Les raisons sont difficiles à déterminer, peut-être la situation révolutionnaire, peut-être sa santé. En tous cas, il laisse tout comme s'il allait revenir. L'Etat cubain a veillé avec un soin jaloux sur cet héritage, et la Finca Vigia semble encore attendre le retour de son propriétaire.
Sa santé se détériore encore, sa santé mentale aussi. On le soigne à coups d'électrochocs, ce qui ne doit guère aider.
Le 2 juillet 1961, Ernest Hemingway se suicide. Il a sans doute alors dû comprendre le geste de son père qui l'avait tellement perturbé pendant de longues années en lui apparaissant comme une lâcheté.

Bilan

L'oeuvre d'Hemingway souffre toujours d'un essentiel malentendu. Alors qu'il a tant travaillé pour trouver sa voie et sa voix, la plupart des critiques, en France tout au moins, ne veulent voir dans ses textes qu'une autobiographie déguisée, à peine. Ils le rangeraient volontiers dans le genre si à la mode en ce début du XXIe siècle de l'autofiction. C'est bien comme ça que les deux volumes de la Pléiade qui lui sont consacrés, malgré l'intitulé "Oeuvres romanesques", dépècent les recueils de nouvelles pour les redistribuer dans une chronologie qui est celle de l'homme, non de l'écriture, pour y trouver trace d'une manière de témoignage sur l'enfance, l'adolescence, donne à lire Paris est une fête juste après Le Solei se lève aussi. Trente ans séparent pourtant ces deux textes.
Tout se passe comme si la légende Hemingway avait écrasé l'oeuvre ne permettant plus de la lire pour ce qu'elle est : le travail d'un écrivain.


la tour de Finca vigia

La tour de la Finca vigia, dessin de James Richards, exposition à Cuba "The Cuba of Hemingway in Watercolors", juin 2015


Or, Hemingway est un écrivain qui, comme tout écrivain, puise dans son expérience, dans celle des autres, dans les livres, pour donner à partager une certaine perception, compréhension des hommes et du monde dans lequel ils vivent. Il est bien sûr, tous les personnages de ses romans, il s'explore en explorant le monde. Et de ses premières nouvelles à ses derniers écrits, il n'y a qu'un seul sujet: la vie et la mort. Et même ses pages les plus lyriques sur la nature (il y en a beaucoup et de fort belles) ne s'en éloignent jamais. Les forêts, les rivières, la mer sont toujours apaisantes pour les personnages, mais apaisantes parce qu'elles leur rendent leur place infime dans l'ensemble ; à première vue, ce pourrait être angoissant, et ça ne l'est pas du tout. Ses personnages sont aussi marqués d'une solitude profonde, intrinsèque, même lorsqu'ils sont le plus entourés, même lorsqu'ils semblent s'abandonner à la fusion amoureuse comme dans L'Adieu aux armes. Le premier In our time (publié en France en 1924) ne disait que cela, et si In Our Time (publié à New York, en 1925) a été profondément remanié, sa première nouvelle,"Le village indien" (son titre en français) en rejouait le thème en faisant découvrir en même temps à son jeune personnage la vie (le père accouche heureusement une jeune indienne par une césarienne) et la mort (le mari s'est suicidé pendant l'accouchement). Le texte est bref, dense, sans aucun pathos, mais tout y est.
La force des oeuvres d'Hemingway, même si chaque lecteur peut en élire certaines et en moins aimer d'autres, tient sans doute au caractère "ordinaire" de ses fables, de ses histoires : des hommes vivent, souvent mal, rêvent, se battent, espèrent, désespèrent, aiment, haïssent, rien que de banal. Beaucoup ont fait remarquer la platitude de ses dialogues, et c'est pourtant de l'accumulation de ces platitudes que naît un certain vertige, une inquiétude, une interrogation, comme dit le poète "Est-ce ainsi que les hommes vivent?"
Hemingway fait le tour de nos vies et il nous passionne pour les courses de chevaux (My Old Man), pour la pêche à la truite (The Big two Harted River), pour les corridas (Le Soleil se lève aussi ou Mort dans l'après-midi) et toujours fait surgir entre les lignes la complexité des êtres dans les décalages discrets entre ce qui est vu, ce qui est compris, ce qui se faufile subrepticement dans les actes et les paroles des personnages.
Ce qui impressionne sans doute le plus dans les textes d'Hemingway, c'est que leur relecture fait apparaître des profondeurs insoupçonnées parce que masquées par la simplicité et la facilité apparente de la première rencontre. Sans doute pourquoi, nombreux sont ceux qui jugent les nouvelles supérieures aux romans, parce que brèves, leur architecture est plus aisée à percevoir.
Oui, Hemingway est un grand écrivain qui mérite que l'on oublie sa biographie tapageuse pour s'intéresser à ce qu'il écrit. Et le lire, et le relire, et le relire encore.



A découvrir : l'édition de 1938 des nouvelles d'Hemingway (en anglais)
suivre la vie d'Hemingway à travers des photographies.
A lire : un choix d'articles de presse d'Hemingway présenté par William White et Philip Young, traduit par Georges Magnane et Jean-René Major, sous le titre En ligne (Gallimard, Folio, 1995)


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