Les Voyages de Gulliver, Jonathan Swift, 1726

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L'AUTEUR :


Il est né à Dublin (Irlande) en 1667. Le mari de sa mère, Jonathan Swift Senior, serait mort, selon les sources, en 1666 ou 1667. Il semble que l'écrivain soit le fils naturel de John Temple, aristocrate irlandais. Après des études universitaires, il devient le secrétaire de Sir William Temple, né en 1628 (sans doute son demi-frère) un grand diplomate de ce temps-là.  Depuis 1688, il écrit, des textes burlesques ou poétiques. Après avoir refusé un poste dans la justice, en 1693, il s'oriente vers la vie ecclésiastique, et est ordonné prêtre en 1695. Il commence à s'intéresser à la politique en 1696, et accompagne William Temple à Londres en 1698. En 1699, Sir William meurt, Swift retourne en Irlande et en 1700 s'installe dans la paroisse de Laracor. En 1702, il est proche du parti Whig, qui perd les élections la même année.  L'activité politique de Swift est importante, elle occupe une grande partie de sa vie, et ses positions varieront au fil du temps. En 1704, paraît Le Conte du tonneau, et la même année, La Bataille des livres, nette position en faveur des Anciens dans la Querelle des Anciens et des modernes qui ne touche pas que la France. En 1710, il rédige la première des 65 lettres qui constitueront le Journal à Stella.
En 1713, il est nommé doyen de la cathédrale de Saint-Patrick à Dublin.
C'est en 1721 qu'il commence la rédaction des Voyages de Gulliver qui paraît en 1726 et est traduit et publié en français dès 1727. Cette année-là Swift et Voltaire se rencontrent, le second est en exil à Londres.
A partir de 1737, Swift va de plus en plus mal, il devient sourd, est atteint de vertiges, perd la mémoire et finit sa vie dans une apathie complète.
Il meurt en 1745 et est enterré dans sa cathédrale.


Jonathan Swift

Portrait de Jonathan Swift, vers 1718, huile sur toile, Charles Jervas (1675-1739)
National Portrait Gallery, Londres







LE LIVRE

Il est constitué de quatre voyages : 1. Voyage à Lilliput ; 2. Voyage à Brobdingnag ; 3. Voyage à Laputa, Balnibarbi, Glubbdubrib, Luggnagg et au Japon ; 4. Voyage chez les Houyhnhnms.
Le premier voyage met aux prises le docteur Gulliver, médecin de marine, et un univers de minuscules personnages, les Lilliputiens (le mot inventé par Swift est devenu un synonyme de "minuscule"). Les deux cibles les plus importantes de l'ironiste dans le récit sont les comportements des courtisans et les querelles religieuses : les courtisans se faisant contorsionnistes et acrobates pour assurer leurs carrières à la cour ; les oppositions religieuses se traduisant dans l'opposition des "talons hauts" et des "talons plats", autant que par celle des "petits boutiens" et des "gros boutiens", entendons ceux qui cassent leurs oeufs à la coque par le petit bout ou par le gros bout.
Le deuxième voyage se fait au pays des géants et Gulliver y devient un jouet aux mains de ses hôtes. En même temps, Gulliver informe le roi, en en faisant l'éloge, des moeurs politiques anglaises, occasion pour ce dernier de critiquer avec bon sens ces habitudes différentes.
Le troisième voyage qui connaît de multiples étapes commence par la rencontre d'une île volante (Laputa). Le ton en est plus acerbe que dans les deux précédents voyages. Les mondes découverts sont habités par des hommes ordinaires qui cumulent et exacerbent les défauts des sociétés contemporaines aux yeux de Swift qui est, ici, proche du pamphlet, plus sarcastique qu'ironique.
Le dernier voyage enfin lui permet de découvrir les Houyhnhnms, un peuple de chevaux chez lequel les humains (dits Yahoos) sont des animaux dépourvus de langage. Ces chevaux vivent dans une société parfaite que gouverne la sagesse. Lorsque Gulliver revient définitivement chez lui, il ne parvient plus exactement à se réadapter.  



Gulliver chez les Liliputiens
Illustration du chapitre II du "Voyage à Lilliput".



A consulter
: une édition de 1838, illustrée par Grandville.
A voir
: des illustrations d'Arthur Rackam (1867-1939) pour Les Voyages de Gulliver.
A lire : un article éclaircissant les jeux de langage du texte.
A lire et regarder : l'édition en ligne en anglais accompagnée de nombreuses illustrations.




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