Sept contes gothiques, Isak Dinesen (Karen Blixen) 1934 / 1955

coquillage



A propos de Karen Blixen, ce site propose
: 1. une biographie de l'auteur - 2. Une présentation de La ferme africaine (Out of Africa, 1937) - 3. Une présentation du Dîner de Babette (Anecdotes of Destiny, 1958) -





Quant à moi, je n'ai qu'une seule ambition : inventer des histoires, de très belles histoires.

in
Daniel Gillès, La Pharaonne de Rungstedlund




Karen Blixen, années 1930

Karen Blixen, années 1930


Contexte

Lorsque paraissent aux USA, en 1934, Seven gothic Tales signés Isak Dinesen, nom d'un inconnu qui masque, en fait, Karen Blixen, celle-ci est rentrée au Danemark, en 1931, après la faillite de sa plantation de café au Kenya (qui, alors, ne porte pas encore ce nom) et si ce pseudonyme cache son identité, ce n'est pas sa première incursion en littérature. Jeune femme, en effet, elle avait déjà publié des contes au Danemark (1907 et 1909), sous un autre pseudonyme, Osceola, un nom emprunté à un indien séminole.
Outre le pseudonyme, le livre a la particularité d'avoir été écrit en anglais qui, certes, avait été la langue quotidienne de ses dix sept années de vie en Afrique, mais n'était pas sa langue maternelle quoique, comme nombre de jeunes filles de sa classe, elle l'avait étudié, tout comme le français, et assoupli par divers séjours en Angleterre avant la grande aventure africaine.
Après avoir tenté de trouver un éditeur au Royaume Uni, son frère Thomas s'entremet et fait parvenir le manuscrit à l'une de ses connaissances, l'écrivain étasunienne  Dorothy Canfield Fisher (1879-1958) qui le transmet, à son tour, à l'éditeur Robert Haas. Il accepte de le publier si elle en écrit la préface, ce qu'elle fait.
Le succès est immédiat, et le public étasunien ne lui fera jamais défaut tout au long de sa carrière. Carson McCullers ne disait-elle pas des contes qu'ils étaient "un ensemble d'histoires raffinées, insolites, d'un éclat presque étrange." ("a group of exquisite, weird, almost strangely brilliant" in Stories, Plays & other writings, Library of America, 2017). Lorsqu'elle se rend aux USA, au début de l'année 1959, elle y est reçue comme une "star". 
Au Danemark, en revanche, l'accueil sera bien plus mitigé, parfois même extrêmement négatif. Il faudra du temps pour que Karen Blixen s'impose comme un grand écrivain danois.
En vérité, ces contes viennent de loin. Dans les années 1910, la très jeune femme qu'elle était alors avait fait des projets qu'elle avait ensuite abandonnés, plus soucieuse de vivre l'aventure africaine qu'elle et son cousin, bientôt son époux, le baron Bror Blixen-Finecke, envisageaient avec passion.


Mais dans les années 1920, sa vie amoureuse devenant compliquée (séparation d'avec Bror, liaison avec Denys Finch Hatton), ses affaires difficiles, la plantation de café qu'elle exploitait menaçant ruine, elle était revenue à l'écriture, comme une forme d'évasion, confiera-t-elle plus tard, à Eugene Walter : " Later, when I knew in my heart I should have to sell the farm and go back to Denmark, I did begin to write. To put my mind to other things I began to write tales. Two of the Gothic Tales were written there." (Plus tard, quand j'ai vraiment compris que je devrais vendre la ferme et retourner au Danemark, j'ai commencé à écrire. Pour me changer les idées, j'ai commencé à écrire des histoires. Deux des Contes gothiques ont été écrits là. — Paris Review, 1956. Ces deux contes sont "Le Singe" et "Sur la route de Pise")
Elle avait alors repris une idée qu'elle avait eu dans les années 1910, celle d'un recueil de nouvelles qu'elle pensait intituler "Neuf contes" ou "Les Contes du cuisinier de Nozdrev" (Nozdrev est un personnage des Ames mortes de Gogol dont le cusinier a la particularité d'obéir "surtout à son inspiration, et jetait dans le pot tout ce qui lui tombait sous la main : poivre, choux, lait, jambon, pois ; pourvu que ce fut chaud, la saveur n'avait qu'une médiocre importance.", traduction d'Henri Mongault). Cette référence est une sérieuse piste à suivre quant à la manière dont Blixen construit, en effet, ses récits. A cette grande différence, que contrairement au cuisinier de Nezrov, ses plats ont une exquise saveur.
La référence à Gogol disparaîtra (peut-être trop révélatrice) au profit de l'adjectif "Gothique" et des récits dont elle fait la liste, seuls cinq seront intégrés dans le recueil de 1934. Caractériser ces récits de "gothiques" peut relever d'un double projet, descriptif en renvoyant à des créations littéraires, surtout anglaises, à cheval sur le XVIIIe et le début du XIXe siècle, privilégiant le bizarre, le mystérieux, le sinistre ; ironique, en connotant l'ancienneté, le dépassé, le légendaire, voire le "barbare" (par référence à l'étymologie du mot, gothique : ce qui appartient aux Goths, lesquels conservent jusqu'à aujourd'hui une réputation de cruauté, d'ignorance, en un mot de sauvagerie). Et "barbare", d'une certaine manière, ces contes le sont qui questionnent bien des évidences, la répartition des rôles entre masculin et féminin, la morale sexuelle en vigueur, le bien-fondé des certitudes chrétiennes, et qui prônent une manière de paganisme vital : la terre et rien d'autre.
Le recueil est traduit en français en 1955, chez Stock, qui en 1980, fait reprendre et réviser la traduction par la traductrice originelle, madame Gleizal et une nouvelle traductrice, Colette Marie Huet. C'est la traduction disponible dans le livre de poche.





Stock, 1955

Première de couverture de la permière traduction en français par madame Gleizal  Stock, 1955

Le livre

Il est composé, comme son titre l'indique, de sept récits.

Le Raz de marée de Norderney (The Deluge at Norderney)
Le Vieux chevalier errant (The Old Chevalier)
Le Singe (The Monkey)
Sur la route de Pise (The Roads Round Pisa)
La Soirée d'Elseneur (The Supper at Elsinore)
Les Rêveurs (The Dreamers)
Le Poète (The Poet)

Dans l'édition anglaise, postérieure à la première édition étasunienne, l'ordre des contes est différent sur un point : La Route de Pise est le récit liminaire, et Le Raz de marée de Norderney, le quatrième. Selon Judith Thurman, c'est cet ordre-là que préférait leur auteur. Et il est aisé de le comprendre ; il donne au recueil une unité puisque le personnage central de Sur la route de Pise, Auguste von Schimmelmann se retrouve dans le dernier récit, Le Poète ; il est aussi le récit dans lequel les questions relatives à l'art, la vie, leurs rapports, le masculin et le féminin, la destinée comme "choix" et "construction" ou la destinée comme "fatalité", "passivité" se posent avec une telle évidence qu'il peut jouer, à bon droit, le rôle de prologue.
Toutefois, à la décharge de l'éditeur étasunien qui a choisi un autre ordre, il y a écho encore entre le premier et le dernier récit dans l'implicite mythe du jardin d'Eden qu'ils impliquent tous les deux.
C'est avec ces récits que les lecteurs ont d'abord fait la connaissance d'Isak Dinesen et du chaudron de sorcière dans lequel elle cuisine des ingrédients choisis, en apparence selon les leçons du cuisinier de Nezrov, au hasard ; en réalité, avec grand soin.



La magie

Elle commence d'abord par le dépaysement. Entrer dans un récit de Karen Blixen, c'est être conduit ailleurs, dans le temps et dans l'espace.
Trois de ces contes ont pour cadre le Danemark ("le Singe", "la Soirée d'Elseneur", "Le Poète"), les autres se passent dans l'île allemande de Norderney, (pour le premier récit), à Paris (pour le deuxième), en Italie, à Pise et dans ses environs (pour le quatrième), dans l'océan indien, en Suisse, en France et dans les Alpes (pour le sixième).
De même que l'espace, le temps est aussi facteur de dépaysement. En effet, toutes les histoires se déroulent dans des temps révolus, le XIXe siècle dans son ensemble, les années 1820-1830 pour le premier puisque l'événement, le raz de marée se produit pendant l'été 1835 ; une nuit de 1874 pour le deuxième ; à un moment indéterminé entre 1818 et 1845, sans doute au début des années 1840, compte tenu de l'âge de la prieure qui a gouverné le "couvent" entre ces deux dates, dans le troisième ; en 1823, comme il est précisé dès l'incipit de Sur la route de Pise ; l'hiver de 1841, pour le cinquième, mais les événements qui y sont relatés remontent jusqu'aux guerres napoléoniennes ; 1863 pour "Les Rêveurs" mais là encore, les événements que relatent les divers récits remontent bien plus loin, autour des années 1840, et il en est de même pour le septième récit.




livre de poche 1983

Première de couverture du Livre de poche, 1983.

Le choix d'une telle temporalité, la précision avec laquelle elle est indiquée ne doit pas induire en erreur, loin d'être un facteur réaliste, inscrivant le récit dans un cadre historique déterminé, ce recul intemporalise les histoires racontées. Comme le dira plus tard Yourcenar "Le coup d'oeil sur l'histoire, le recul vers une période passée ou, comme aurait dit Racine, vers un pays éloigné, vous donne des perspectives sur votre époque et vous permet d'y penser davantage." Décors, costumes, détails quotidiens plongent, en vérité, le lecteur, dans un "il était une fois", qu'il n'est nul besoin de poser. Par exemple, Le Raz de marée de Norderney commence par la description de ce lieu de villégiature à la mode dans ces années 1830, mais cette description est menée comme celle d'une peinture impressionniste propre à la fin du siècle, ce léger décalage produit un certain flou dans lequel la date se perd. Ensuite, la réunion des personnages enfermées dans un grenier à foin comme dans une île pour une nuit qui peut s'achever par leur sauvetage ou par leur mort dans l'effondrement de la bâtisse sous la pression des eaux, s'affirme pour ce qu'elle est, une "histoire" pétrie de symboles, ce que le titre en anglais, d'ailleurs, disait, lui, car "le déluge" ce n'est pas un quelconque raz de marée, et l'on comprend bien qu'il va être question de bien autre chose que d'une simple survie matérielle à une catastrophe naturelle.
Tous les contes du recueil obéissent peu ou prou à ces déplacements ; tous ils mettent l'accent sur ce que le présent (en l'occurence celui des personnages) contient de passé, d'un passé qui les contraint dans la mesure où ils n'en maîtrisent que fort peu d'aspects.
Démultiplier les récits au sein d'une même histoire va dans le même sens. Le lecteur se trouve vite débordé, y compris lorsque l'histoire est relativement linéaire, comme dans Le Vieux chevalier errant, un des textes écrits dans les années 1925-26 qui portait alors le titre de "Nocturne".
Un récit cadre, un vieil homme raconte à un jeune homme une histoire liée aux interrogations morales qu'ils ont débattues durant une soirée, mais cette histoire (le récit encadré) est en fait démultipliée 1. par le récit des circonstances précédant la rencontre avec "une jeune fille ivre", 2. par le récit lui-même de cette nuit inattendue, 3. par l'histoire supposée par le narrateur de la jeune fille et, enfin, dans le retour au récit cadre, par une dernière histoire qui noue ensemble récit cadre et récit encadré par le thème de la "danse macabre".
Parce qu'il est débordé, le lecteur doit nécessairement se demander ce qu'il est en train de lire. Parce qu'il se le demande, les personnages, qui parlent et s'agitent sous ses yeux, prennent un étonnant relief, se démultiplient comme dans des images en surimpression. Voilà un jeune homme qui arrive tout agité auprès de sa tante, prieure d'un célèbre "couvent" — en réalité une sorte de maison de retraite  ("Le Singe"). Que lui est-il arrivé ? Quelle est cette hâte à vouloir se marier ? Karen Blixen ne dit rien et dit tout, mais il y faut une grande attention aux détails de la phrase. Dans ses récits aucun mot n'est superflu ; on pourrait dire d'elle qu'elle travaille en poète, le plus souvent.


Ce dont il s'agit toujours dans tous ces récits relève de l'interrogation, de la remise en question de tout ce qui est convenu. L'attention porte alors sur les décalages, les glissements, les inversions, les oppositions. Qui est cette marraine prieure qui conseille le viol à son neveu ? Qui est ce vieil homme qui veut modeler la vie de son protégé afin de faire advenir le grand poète qui est en lui ? (Le Poète) Qui sont ces vieilles dames charmantes, du moins le paraissent-elles, qui s'entretiennent avec un fantôme ? (La Soirée d'Elseneur).
Tous les personnages de ces histoires sont à la fois mystérieux et ordinaires, inquiétants aussi, parfois dangereux, en particulier pour les jeunes gens qu'ils n'ont de cesse d'enfermer dans l'idée qu'ils se font d'eux, qu'ils veulent avoir d'eux. Mais ce sont des histoires ; il n'y a là aucune leçon de morale, encore moins de philosophie. Aux lecteurs de mettre en place les pièces des mosaïques que Karen Blixen leur propose, car l'oeuvre de l'écrivain obéit elle-même à ce que dit la vieille comtesse Carlotta de la vie : "Life is the mosaic work of the Lord's, which he keeps filling in bit by bit." (La vie est une mosaïque qu'assemble le Seigneur: il la complète peu à peu", traduction Gleizal / Huet) dans l'épilogue de Sur la route de Pise.



Identité et désir

Dépayser, désarçonner, sont des moyens qui secouent la torpeur du lecteur en l'obligeant à devenir actif, à percevoir que ces histoires d'un autre temps, d'un autre lieu, sont en fait des histoires qui le concernent directement. Les interrogations que suscitent les personnages par leurs discours autant que par leurs actions dans les situations où ils se trouvent sont relatives à l'identité : qui est qui ? aussi bien que "qui suis-je ?" Dans le premier récit, Le Raz de marée de Norderney, Qui est vraiment Mademoiselle Malin Nat-og-Dog? ce que savent d'elles les autres, une vieille aristocrate, vertueuse et respectable, ou la grande débauchée qu'elle s'imagine être ? Est-elle "toquée", comme elle dit elle-même, ou à l'inverse un être empreint d'une véritable et profonde sagesse ? Qui est le cardinal ? un saint homme ? un acteur ? un criminel ? et "le célèbre poète et savant" que Malin nomme irrévérencieusement le "comte Seraphina", masquant et démasquant avec ce nom sa vertu supposée (angélique) et son homosexualité réelle, sa haine des femmes qui est, en fait, une haine du féminin, comme chez les plus misogynes des prêcheurs médiévaux ? Et le lecteur a intérêt à se méfier des premières réponses qu'il va donner à ces questions, car comme dans un conte taoïste "tout peut se retourner bout en bout".
Ce qui est vrai de ce premier conte, l'est de tous. La question de l'identité ne trouve sa réponse que lorsque l'histoire a fait émerger le désir qui constitue le "je". Et le désir, comme Freud l'a théorisé, est rien moins que civilisé. Ainsi de la complexe et ambivalente relation des deux soeurs avec leur frère dans La Soirée d'Elseneur ou encore ce que n'a compris que trop tard le jeune baron von Brackel de sa nuit parisienne, "une nuit pluvieuse de l'hiver 1874." (Le Vieux chevalier errant)
Tous les personnages croisent leur vérité, la voient ou ne la voient pas, mais induisent tous le lecteur à s'y regarder comme dans un miroir, à se demander, à son tour, quel désir est le sien propre, celui qui monte du plus profond de lui, celui que personne ne lui a soufflé, imposé comme une "vérité" qui n'est pourtant pas la sienne, comme le conseiller Mathiesen toujours prisonnier de sa rencontre avec Goethe (Le Poète), ou comme la prieure, tante  Katinka, est nécessairement un singe, de ne voir dans la réalité que ce qu'elle a appris à y voir conformément à ses préjugés (Le Singe), ou pis encore à la vérité de son désir, si l'on se rappelle que le singe, dans la symbolique chrétienne du Moyen Age est associé au diable et à la luxure.  Si le comte Auguste von Schimmelmann a besoin des miroirs pour s'assurer de son existence (Sur la route de Pise), si vieillissant il ne se sait exister que dans les jalousies qui l'entourent (de sa réussite, de sa richesse), si le baron suédois Guildenstern (qui bien sûr vient en droite ligne de Hamlet) n'existe, lui, que dans la rivalité, ces exemples de "mauvaise foi" (pour employer la formule sartrienne) interrogent de même. Quelle forteresse a été construite pour nous, voire avons-nous construit nous-mêmes,  où est enfermé notre "moi" authentique ?



Magritte

René Magritte (1898-1967), Elseneur, 1944, huile sur toile


Forteresse ? certainement, car si chaque récit offre un paysage qui lui donne sa couleur, sa tonalité propre, de la villégiature riante de Norderney transformée en désert de flots marron et de boue à la charmante ville de Hirschholm, des forêts de Seven et Hopballehus, aux étendues de l'océan indien sous la lune, en réalité l'aventure des personnages se déroule toujours dans des lieux clos, granges, chambres, salles d'auberge, le plus ouvert étant le jardin du dernier récit, un jardin qui, bien sûr, ne peut qu'évoquer celui d'Eden, où nouveau Lucifer, le couple se révolte contre celui qui a joué à être un dieu.
Et dans les pierres qui ont servi à bâtir l'édifice, pour filer la métaphore, les premières sans doute, peut-être les plus déterminantes, ne sont-elles pas celles qui classent les individus en femmes et hommes, avec toutes les attentes des sociétés à l'égard de ces rôles ? Avant même, quoique cela compte aussi, la détermination sociale qui exige des uns et des autres des comportements accordés avec leur statut, fils de marin ou de grand seigneur, ce n'est pas la même chose et ne doit pas l'être. Une fois posées ces attentes sociales, l'histoire les subvertit allègrement. Agnese, dans La Route de Pise, se vêt en garçon et Auguste fait l'expérience, même en apprenant son sexe, d'un autre rapport avec les femmes, plus cordial, plus simple et partant plus riche. Il voit, non plus une femme, mais un être humain. Athena ne se soumettra pas ; même après ce qu'elle croit avoir été un viol, sa volonté, son refus de Boris restent intacts, malgré menaces et promesses. Pellegrina Leoni, ayant perdu sa voix, devient toutes les femmes, et échappe, chaque fois, au rôle qu'elle joue pour un homme à la fois.
Les histoires de Karen Blixen ne finissent jamais. Leurs échos dans la mémoire du lecteur qui a fermé le livre s'amplifient. Il finit par y revenir, les reprendre, y découvrir de nouvelles interrogations, avec lesquelles le récit le laisse se débrouiller seul.
Dorothy Canfield, dans l'introduction qu'elle fit pour la première édition du livre, en 1934, la commençait en comparant l'oeuvre à un fruit exotique, un de ces fruits dont la forme, la couleur, la saveur nous sont inconnus, et que nous cherchons, sans y parvenir, à caractériser. Le mieux que nous puissions faire est de le savourer.
Savourons les Sept contes gothiques, à défaut d'en saisir vraiment les puissances magiques, ils nous donnent un plaisir infini, celui de la lecture et celui de la rumination.
Que demander de plus à la littérature ?

lettre historiée, détail

Bréviaire dit de Belleville
(1323-26), enluminure, détail. Le singe, dans la symbolique religieuse médiévale, est associé à la luxure.



Les études sur Blixen en français sont quasi inexistantes, hormis la revue Europe qui lui a consacré un numéro en mars 2003, mais en revanche, de nombreux articles sont disponibles en anglais sur la toile.
Ainsi peut-on lire :
John Updike, février 1986, dans The New York Times "Seven gothic Tales' : The Divine Swank of Isak Dinesen".



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