Les personnages du Guépard, Lampedusa, 1958
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A propos du Guépard sur ce site : 1. notes pour la lecture du texte : page 1 ; page 2 - 2. Le narrateur du roman - 3. La présentation de l'auteur et du roman- 4. Un extrait des Princes de Francalanza, Federico de Roberto, 1894 |
1. La famille Salina :- le Prince : Fabrizio
Corbera, prince de Salina (Don Fabrizio, meurt en 1883 à l'âge de 73 ans) — ses
parents sont la
princesse Carolina (d'origine allemande) et le prince
Paolo (évoqué à la fin de
la 4e partie)
- Maria Stella, épouse du prince, née Malvica - Elle a un frère, Ciccio Malvica (défenseur des Bourbons) - Ils ont sept enfants : Paolo (le duc, fils aîné), Giovanni (enfui à Londres en 1858), Francesco Paolo (16 ans en 1860), Carolina (20 ans au début du roman), Concetta (17 ans au début du roman, 40 ans en 1883, filleule du roi Ferdinand II), Caterina, Chiara (n'apparaît que dans la 8e partie, mariée, vivant à Naples) Paolo épouse sa cousine, fille de Ciccio Malvica, ils ont fils, Fabrizietto. Paolo meurt d'une chute de cheval, avant le Prince. - la soeur du prince, Giulia, a épousé le prince Ferdinando Falconeri : ils ont eu un fils, Tancredi, et sont décédés depuis plusieurs années (la mère en 1854, quand Tancredi avait 14 ans), avant le début du roman, en 1860. Tancredi rejoint Garibaldi en 1860, puis entre dans l'armée de Victor-Emmanuel, roi de Piémont Sardaigne, puis d'Italie. Mène une carrière diplomatique. 2. Les familiers :- Le père Saverio Pirrone (jésuite
d'origine paysanne ; vient de San Cono — à 5h de charrette de
Palerme ; le père, Don Gaetano, est mort vers 1846, sa
mère vit avec ses soeurs, dont Sarina,
mariée à Vicenzo
(dit Vicenzino) ; ce couple a une fille, Angelina (dite 'Ncilina').
Il a aussi un oncle, muletier à San Cono, Turi,
frère aîné de son père ; Turi a un fils, Santino Pirrone.
- Mademoiselle Dombreuil (gouvernante française des filles du prince de Salina ; a servi auparavant la famille du maréchal Bugeaud en Algérie) - A Donnafugata : Ciccio Tumeo (organiste de la cathédrale et compagnon de chasse du prince de Salina) 3. Les connaissances de la famille - A Donnafugata : don Ciccio
Ginestra, notaire ; Monseigneur Trottollino, archiprêtre ; Toto
Giambono, le médecin
- A Palerme : les Ponteleone (don Diego et donna Margherita) 3. Les employés :A Palerme : Ciccio Ferrara
(comptable de la Villa Salina) ; Pietro
Russo (surintendant de la villa Salina, garibaldien) ; Pastorello et Lo Nigro
(deux des fermiers du prince de Salina)
Domenico, dit Mimi (valet de chambre du prince qu'il accompagne à Donnafugata ), Antonino (le cocher). A Donnafugata : Onofrio Rotolo (don 'Nofrio' : intendant du palais de Donnafugata, formé par la princesse Carolina, mère du prince) marié à donna Maria. 4. La famille Sedara :- don Calogero Sedara :
maire de Donnafugata à partir de 1860, marié
à donna Bastiana,
fille d'un pauvre fermier du prince, Peppe Giunta surnommé
"Peppe Mmerda" ; soupçonné
d'avoir fait abattre ce beau-père encombrant. A bâti sa
fortune sur des prêts. Devient député, puis
sénateur.
- Angelica, fille du précédent, 17 ans en 1860. Epouse Trancredi. Ils n'ont pas d'enfant. Devient veuve en 1907, meurt en 1913. 5. Les "Piémontais" :
- le général (anonyme, 2e partie)
- Carlo Cavriaghi ("le petit comte milanais", 19 ans, lieutenant dans les troupes garibaldiennes, puis sous-lieutenant des bersagliers dans les troupes de Victor-Emmanuel, il fait la cour à Concetta, sans succès) - Aimone Chevalley de Monterzuolo (secrétaire de la préfecture de Girgenti, petite noblesse piémontaise, envoyé du gouvernement de Turin pour proposer le statut de sénateur au Prince) - Tassoni, compagnon de combat de Tancredi en 1860 (présent lors de l'invasion du couvent), puis sénateur et industriel. A été, un moment, l'amant d'Angelica. 6. Les personnages historiques :Il s'agit de personnages
évoqués, qui ne participent pas directement à
l'action du roman, mais qui en assurent le cadre socio-politique, en
garantissant, par la même occasion, la dimension
réaliste du récit :
- Garibaldi (1807 -1882), dit "le Dictateur" (titre réel et officiel après le débarquement de Marsala ; à rapporter au sens romain du terme). - Ferdinand II, roi des Deux Siciles de 1830 à sa mort, en 1859 - Francisco II, roi des Deux Siciles, fils du précédent, de 1859 à 1860, que Tancredi appelle, irrévérencieusement, "Franceschiello" - Castelcicala (Paolo, Prince de, 1791-1865) : lieutenant général de Ferdinand II puis de son fils, responsable de la Sicile et de l'armée bourbonienne en Sicile; il sera premier ministre de Francisco II en 1859) - Mazzini (don Peppino Mazzini) : révolutionnaire et patriote italien, républicain. - Victor Emmnuel II, roi de Piémont-Sardaigne, puis roi d'Italie à partir de 1860 : le Piémontais, le "galantuomo" ("l'honnête homme" au sens classique du terme) - La Farina (Giuseppe La Farina, 1815-1863, journaliste et homme politique, proche de Garibaldi) - Crispi (Francesco Crispi, 1819 - 1901, il sera deux fois premier ministre en 1887-91 et en 1893-96) - Rosolino Pilo (1820-1860) patriote italien qui rejoint Garibaldi et se fait tuer le 21 juin 1860 à San Martino di Montreale. - Bixio (Nino Bixio, 1821-1873), un des organisateurs — avec Garibaldi — de l'expédition des Mille, plus proche de Cavour que de Mazzini ; il organise le plébiscite de 1860. - La Masa (Giuseppe La Masa), selon le témoignage de Dumas (Les Garibaldiens, 1861) patriote sicilien, organisateur des guérillas après le 4 avril 1860, combat aux côtés de Garibaldi après le débarquement des Mille : "La Masa, né à la Trebbia, peut avoir trente-cinq ans ; il est blond, il a des yeux bleus, et il est bien taillé." - Cialdini (Enrico Cialdini, 1811- 1892), militaire, participe à la guerre d'indépendance, dirige le siège de Gaète (au nord de Naples), fait partie de l'expédition d'Aspromonte pour arrêter Garibaldi. - Cavour (1810-1861) - Francesco Landi, général commandant les troupes bourboniennes à la bataille de Calatafimi (15 mai 1860) vaincues par les Mille de Garibaldi. - le colonel Pallavicino ( il faut ici plutôt parler d'un personnage inspiré d'un personnage historique). L'homme qui arrête Garibaldi à Aspromonte est répertorié par Pierre Larousse (Grand dictionnaire universel, 1869) comme Emilio Pallavicini della Priola (1823-1901) "[...] mais il signala surtout sa valeur dans la guerre de 1859, qui rendit à l'Italie son indépendance et amena l'expulsion des Autrichiens. La bravoure dont il donna des preuves, particulièrement à San-Martino et à l'assaut de Civitella-del-Tronto, lui valut la grande médaille d'or du mérite militaire et, quelque temps après, le grade de colonel de bersaglieri. Lorsqu'en 1862 Garibaldi se mit à la tête de ses volontaires, pour rendre Rome à l'Italie et renverser le pouvoir temporel du pape, le colonel Pallavicini fut chargé par Cialdini d'arrêter la marche du grand patriote italien, qui, après avoir vainement essayé de surprendre Reggio, s'était jeté dans les montagnes de la Calabre. Il le cerna, le fit prisonnier à Aspromonte et fut promu major général." Pallavicini devient sénateur en 1880. Le même Pierre Larouse dans son Dictionnaire universel répertorie deux Pallavicino : Ferrante Pallavicino (1618 – 1644) : "poète satirique qui s'attaque à la papauté. (il sera arrêté et exécuté en Avignon sur l'ordre de Rome, dit le Larousse). Opere scelte, 1660, satiriques et licencieuses" et le Marquis Georges Pallavicino-Trivulzo (1795 - 1878) "patriote italien, emprisonné par les Autrichiens, puis en 1848 mêlé aux mouvements politiques en Lombardie, sénateur en 1859, ami dévoué de Garibaldi, le rejoint en Sicile, nommé prodictateur de Naples (fonction qu'il remplit jusqu'au 7 novembre 1860), préfet de Palerme en 1861, en 1862 participe avec Garibaldi à l'expédition sur Rome. Sénateur à Turin, puis à Rome." Les traits prêtés dans le roman à Pallavicino sont ceux de Pallavicini. En même temps, le personnage est objet d'ironie et la confusion entre les deux noms (Pallavicino / Pallivicini) permet de dessiner, à grand traits, comme dans une caricature, les lignes forces de la "mythification" de Garibalidi et de la naissance de la nouvelle Italie. |
En savoir plus : sur l'histoire de la Sicile, en consultant la chronologie établie sur le site CLIO. sur Garibaldi, en écoutant Concordance des temps, France culture, 14 septembre 2024, "Garibaldi, légende d'un siècle", Jean-Noël Jeanneney et Gilles Pécout.
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