9 septembre 1828 : Léon Tolstoï

coquillage


A propos de Tolstoï, ce site contient : 1. une présentation du Bonheur conjugal (nouvelle, 1859) - 2. une présentation d'Anna Karénine (1875-1878) - 3. La Sonate à Kreutzer (1891)



Léon Tolstoï, 1851

Léon Tolstoï et son frère Nicolas, officier dans l'armée du Caucase, Moscou, 1851.

Tolstoï se trouvait laid, mais le visage de la photographie, qui ne manque pas de séduction, affiche surtout la fermeté coléreuse qui va régenter toute sa vie pour le meilleur et pour le pire.
Dimitri Grigorovitch, dans ses Souvenirs littéraires, rapporte "Quelle que fût l'opinion que l'on exprimait devant lui, et plus l'interlocuteur avait d'autorité, plus insistant était l'aiguillon qui le poussait à exprimer le contraire et à entamer une joute verbale."

Enfance

Le garçon, qui naît le 9 septembre 1828 (28 août pour le calendrier Julien encore en vigueur à ce moment-là en Russie), dans une grande propriété près de Louba (200 km au sud de Moscou) au nom poétique d'Iasnaïa Poliana (clairière heureuse / lumineuse), est le quatrième fils du comte Nicolaï Tolstoï et de son épouse, Marie Volkonskaïa (fille du Prince Volkonski) dont le grand père, à la fin du XVIIIe siècle, a fait construire la maison de la propriété où vit la famille Tolstoï.
L'enfant porte le nom de Lev (Léon, en français) Nicolaievitch Tolstoï. En 1830, la comtesse meurt après avoir donné naissance à une fille, Maria. Les cinq enfants vont grandir dans la propriété, avec leur père, leur grand mère paternelle et une cousine assurant une présence féminie autour d'eux. Le bonheur va durer, pour Léon, neuf ans. Les précepteurs qui s'occupent des enfants ne semblent pas avoir beaucoup pesé, et les champs, les bois, les étangs, sont des espaces de liberté, de jeux, de joie. Cette immersion dans la nature ne sera jamais oubliée.
Mais en 1837, afin que les garçons puissent bénéficier d'une instruction solide, le comte installe toute sa famille à Moscou. L'enfance est finie pour Léon, d'autant plus qu'à peine installés, Nicolaï Tolstoï meurt brutalement d'une attaque d'apoplexie. Confiés à une tante paternelle, les enfants vont néanmoins poursuivre la vie aisée de leur classe, hivers à Moscou, étés à Iasnaïa Poliana, jusqu'en 1840. La tante qui était leur tutrice meurt à son tour, et c'est une autre soeur du père, Pélagie Iouchkova, qui les prend en charge. Comme elle habite Kazan (à 800 km à l'est de Moscou, sur la Volga), la famille s'y transporte.

Adolescence et études

C'est à Kazan, dont l'université est alors réputée, que Léon va commencer des études supérieures. Il s'inscrit, en 1844, à la faculté des langues orientales dans l'idée de devenir diplomate, mais abandonne à la fin de l'année pour se tourner vers le droit qui n'aura pas davantage l'heur de lui plaire. Finalement, en 1847, il renonce à faire des études, du moins dans un cadre officiel. 1847 est une année importante, elle voit se régler le partage de l'héritage parental, et Léon y gagne la propriété d'iasnaïa Poliana où il va s'installer et où il va vivre toute sa vie. Elle va être son port d'attache et sa résidence, plus tard, après son mariage. C'est aussi l'année où il commence à tenir son Journal, exercice double qui est, d'une part, un apprentissage de l'écriture, et de l'autre le lieu constant d'un examen de conscience.
Le moins que l'on puisse dire est que Léon est un jeune homme compliqué, à la fois plein d'exigences à l'égard de lui-même (une grande partie du Journal est consacrée à l'établissement de règles de vie) et emporté par des désirs auxquels il ne résiste pas (les femmes, le jeu, les fêtes en tous genres), dont il se fustige ensuite.



Les mille et trois activités de l'artiste en jeune homme

Il ne reste pas vraiment dans la propriété, se lassant assez vite de vouloir améliorer la condition de paysans qui se méfient de lui. Il est le seigneur et, eux, les serfs, et ils regardent avec suspicion toute proposition émanant de celui qu'ils ne peuvent voir autrement que comme un exploiteur. On le retrouve à Moscou où il reprend sa vie de jeune oisif riche, continuant là l'existence qui était déjà la sienne à Kazan : nuits alcoolisées, musique et jeu. Jeu surtout, jusqu'à ce qu'il perde la maison d'Iasnaïa Poliana que l'heureux gagnant va démonter et reconstruire sur son domaine à lui. Cela se passe en 1851, et il accepte la proposition de son frère Nicolas, officier dans l'armée du Caucase, s'engager et venir combattre à ses côtés la rébellion dirigée par Chamil.
Tolstoï va être militaire jusqu'en 1855. Militaire et écrivain, puisqu'en 1851 il envoie Enfance à Nekrassov, rédacteur en chef du Contemporain, revue de Saint Pétersbourg qu'avait fondé Pouchkine. Le poète lui envoie en retour une lettre élogieuse et publie le récit. Pour Tolstoï il s'agissait alors du premier volet d'un ensemble de quatre récits  qui, finalement, se réduiront à trois ; après Enfance (1852), Adolescence (1854) et Jeunesse (1857).
Au cours d'une mission dans la capitale, il fait la connaissance des jeunes écrivains qui publient dans la revue, Yvan Tourgueniev, Grigorovitch, Gontcharov, mais ne rencontre pas Dostoievski qui a été déporté en Sibérie en 1849. Tous ces jeunes gens se rassemblent autour de "l'école naturelle" qu'avait prônée le critique Belinski (1811-1848), laquelle a nombre de points communs avec le réalisme que vont défendre, en France, les jeunes écrivains des années 1850.

Saint Petersbourg, 1910

Saint Petersbourg, la place du Palais, achevée en 1829, avec la colonne d'Alexandre érigée en 1834, due à l'architecte français Ricard de Montferrand (1786- 1858)
photographie, 1910


A l'automne 1853, lorsque se déclenche la guerre de Crimée, Tolstoï change de corps d'armée, à sa demande, et est affecté à Sébastopol.
Le 7 juillet 1854 il écrit dans son Journal :



"Que suis-je ? Un des quatre fils d'un lieutenant colonel resté orphelin à 7 ans, sous la tutelle de femmes et d'étrangers, qui n'a reçu ni éducation mondaine ni instruction scientifique et s'est trouvé absolument libre, à dix-sept ans, sans grande fortune, sans situation sociale et surtout sans principes.
Je suis laid, gauche, malpropre, et sans vernis mondain. Je suis irritable, désagréable pour les autres, prétentieux, intolérant et timide comme un enfant. Je suis ignorant. Ce que je sais, je l'ai appris par-ci par-là, sans suite et encore si peu ! Je suis indiscipliné, indécis, inconstant, bêtement vaniteux et violent comme tous les hommes sans caractère. Je suis honnête, c'est-à-dire que j'aime le bien : j'ai pris l'habitude de l'aimer, et quand je m'en écarte, je suis mécontent de moi, et je retourne au bien avec plaisir. Mais il y a une chose que j'aime plus que le bien c'est la gloire."



Cette question "Que suis-je ?" ne le quitte jamais, elle se retrouve encore sur le brouillon de Confession en 1881. Ecrire, pour Tolstoï, c'est depuis le départ, avec le Journal, tenter de progresser dans cette connaissance de soi sans laquelle le sens se délite ; c'est aussi chercher une unité dans une personnalité confuse dont les aspirations sont contredites par de violentes pulsions, sans doute aussi par une sensibilité proche de celle qu'il prête au personnage de Lévine dans Anna Karénine, à la fois entêté et versatile, rigide, radical et émotif. Bref, un "sac de noeuds" !
Et Gorki disait déjà de lui que c'était "l'homme le plus compliqué du XIXe siècle."


Iasnaïa Poliana

Iasnaïa Poliana (aujourd'hui)



Il continue à écrire, des récits généralement publiés dans des revues jusqu'à sa première oeuvre publiée en volume Récits de Sébastopol en 1856 dont le succès est grand. La légende veut que l'impératrice (Maria Alexandrovna née princesse de Hesse-Darmstadt, épouse d'Alexandre II) ait pleuré en le lisant.
Tolstoï, qui a démissionné de l'armée en 1855, passe à Saint Pétersbourg, en profite pour se disputer avec à peu près tout le monde, puis se retire à Iasnaïa Poliana. Il écrit.
Il voyage aussi, de janvier à juin 1857, en Europe, en particulier à Paris où il retrouve Tourgueniev (qui y est revenu en 1856), puis de nouveau en 1860, cette fois avec sa soeur Maria pour accompagner Nicolas pour de vains traitements contre la tuberculose, dans des villes d'eaux allemandes ou sur la côte d'azur, en France. Après la mort de son frère, il continue seul. il rencontre Proudhon à Bruxelles et Herzen à Londres. Un voyage qui est aussi une enquête sur la pédagogie, parce que l'idée d'ouvrir une école à Iasnaïa Poliana lui tient à coeur.
1861, le tzar abolit le servage ; et, en 1864, réforme l'administration de l'Empire en instituant les "zemstvo" (assemblées provinciales élues au suffrage censitaire) ; Tolstoï est nommé juge de paix. Il démissionera vite. Mais il a ouvert une école dans la propriété et s'adonne avec plaisir à un travail pédagogique qu'il abandonne après son mariage, mais qu'il reprend quelques années plus tard. Et Léon Tolstoï est aussi l'auteur de manuels scolaires (alphabétisation) assez vite adoptés par l'Etat.
Il tombe alors amoureux de Sofia Andreïevna Bers, fille cadette d'un médecin attaché à l'administration du palais impérial de Moscou. Elle a 18 ans, mais sait ce qu'elle veut. Sofiia semble bien être, au féminin, ce qu'est Tolstoï au masculin, décidée, entêtée, autoritaire, entière. Ils s'épousent, à Moscou, en septembre 1862, et vont s'installer à Iasnaïa Poliana. Sofia prend en charge la gestion de la propriété et celle de la maison et, d'une certaine manière, libère son mari pour son oeuvre.





Moscou, Jakob Christoph Miville

Une église moscovite, vers 1810,  Jakob Christoph Miville (1786-1836), aquarelle



Sofia Tolstoi

Sofia à 17 ans, un an avant son mariage

Les grands romans.

Tolstoï commence par corriger Les Cosaques, roman qui s'enracine dans son expérience caucasienne des années 1850, publié en 1863. Puis il se met au travail sur un grand roman envisagé depuis un certain temps et qu'il intitule provisoirement "L'année 1805". Il deviendra au fil du travail La Guerre et la paix, d'un titre emprunté à un ouvrage de Proudhon. Dans ses Mémoires, Sofia note que cette époque fut heureuse : "Nous vivions sans bouger, à la campagne, ne voulant rien savoir du monde et ne recevant personne. C'est qu'en réalité les personnages de La Guerre et la paix suffisaient à peupler notre existence. Je les aimais et je les suivais comme s'ils eussent été des personnages réels." Elle pouvait en parler, elle qui servait de copiste à l'écrivain. Lorsque le roman est totalement publié, en 1869, la famille s'est augmentée de quatre enfants (Serge, né en 1863 ; Tatiana, en 1864 ; Ilya, en 1866 et Léon, en 1869).
C'est au moment où tout semble aller pour le mieux qu'une crise violente se manifeste. Il en fera, plus tard, la relation dans une brève nouvelle, Notes d'un fou, écrite en 1884. Alors qu'il est en voyage, pour aller acheter une propriété, il passe la nuit dans un village, Arzamas. Tout à coup, tout lui semble absurde, dépourvu de sens, "La vérité était que la vie était absurde. [...] je voyais que, devant moi, il n'y avait rien que la mort."
S'ensuivent des mois d'angoisse où Tolstoï s'agite beaucoup sans vraiment produire grand chose. Pour qu'il retrouve un certain goût de vivre, dans le sens où il va enclencher un désir d'écriture, il va falloir un fait divers. En janvier 1872, une jeune femme se suicide, en se jetant sous un train, dans une gare voisine, parce que son amant l'avait abandonnée. Les gens impliqués dans ce drame sont connus des Tolstoï. Ce drame lui fournit le dénouement d'un roman auquel il pense depuis 1870.


Mais le récit ne s'impose pas encore, il y manque le coup de pouce de la littérature et c'est Pouchkine qui va le donner. C'est ce que rapporte Tolstoï, dans une lettre au philosophe et critique Nicolaï Strakhov, il déclare avoir été saisi par la manière d'entrer dans l'histoire d'un des Récits de feu Ivan Petrovitch Bielkine. Et c'est sous cette impulsion, en mars 1873, qu'il entame Anna Karénine. L'écriture du roman ne sera pas aussi aisée que celle La Guerre et la paix, bien que les difficultés y soient moindres, en termes de documentation comme de construction, mais l'état d'esprit de Tolstoï est assombri par son mal être et ses angoisses. Et au bout de la route, il n'en sera pas satisfait malgré l'admiration que suscite sa publication, entre 1875 et 1878.



La voie de la charité

Il n'est pas impossible de voir dans l'écriture d'Anna Karénine le temps d'une analyse pour son auteur, car, d'une manière indirecte, c'est après ce roman où un paysan dit à Lévine une phrase, quasi une maxime, que le personnage va longuement ruminer, "vivre pour son âme, pour Dieu", que Tolstoï trouve une voie qui soulage quelque peu son malheur de vivre, la voie de la foi. Il va l'explorer pendant tout le reste de sa vie, à la fois dans des écrits "théologiques", à commencer par Confession publié en 1882 où le mot est à prendre en son double sens d'aveu et de profession de foi, et dans des textes littéraires qui témoignent de ses nouvelles orientations.
La foi, mais pas les Eglises, qui lui sont aussi insupportables que toute autre autorité.  Après avoir brièvement tenté de se réconcilier avec l'Eglise orthodoxe, entre 1877 et 1879, il s'en détache, retourne aux textes, aux Evangiles, pour en extraire ce qui est, à ses yeux, la leçon première, et ultime, du Christ, celle de l'amour, de la charité, du refus de la violence, de l'abstinence sexuelle, de la pauvreté. Vu ainsi, de l'extérieur, c'est assez proche du parcours d'un François d'Assises, en même temps que c'est le passage à l'acte d'un très vieux désir : "Une discussion sur la divinité et la foi m'a amené à une grande idée [...]. Cette idée c'est la fondation d'une nouvelle religion correspondant au niveau de développement de l'humanité, la religion du Christ mais purifiée du dogme et des mystères, une religion pratique ne promettant pas le bonheur de la vie future mais le donnant sur cette terre-ci..." (Journal, 4 mars 1855)
Mais il y a chez Tolstoï une tentation du radicalisme, de l'absolu, à laquelle il ne semble jamais pouvoir résister, ainsi le refus de la violence, le conduit-il au refus de toutes les formes instituées de violence, depuis l'armée jusqu'à la justice, en passant par l'Etat ; le refus de la sexualité à une condamnation même du mariage et de la procréation, singulier retournement pour un homme, père de treize enfants dont le dernier va naître en 1888.
Il se construit une religion tout entière fondée sur la charité, au sens étymologique du terme dans le vocabulaire religieux où "caritas" traduit en latin le mot grec "agapê", la plus haute des vertus théologales: "'l'amour de Dieu et du prochain en vue de Dieu".
Cet amour de l'autre, il le met en pratique dans sa manière de vivre (il se vêt comme un paysan, fabrique ses propres bottes, participe aux travaux des champs), dans les écrits qui sont maintenant les siens, leur donnant souvent une forme didactique, ainsi des apologues que sont les 14 Récits  populaires écrits entre 1885 et 1886 pour les éditions du Médiateur créées avec le premier de ses disciples, Tchertkov et, semble-t-il, le plus intransigeant. Ces récits, dont fait partie De quoi vivent les hommes ?, étaient destinés à l'éducation populaire.
Le message tolstoïen se répand au-delà de la Russie, et bien des hommes y ont été sensibles, Gandhi en particulier, qui va construire sa doctrine de la désobéissance civile sur les idées de l'écrivain, ou Romain Rolland en France qui lui rend hommage, en 1911, dans une biographie : La Vie de Tolstoï.
Cet engagement religieux n'est pas du goût des autorités et le Saint Synode lance l'anathème sur lui le 22 février 1901, c'est-à-dire l'équivalent d'une excommunication dans la religion catholique. Dans La Vie quotidenne en Russie au temps du dernier Tsar (Hachette, 1959), Henri Troyat rapporte ainsi  les conséquences de l'événement par la voix d'un personnage censé être en Russie en 1904 :



[...] le grand écrivain était devenu, en quelques jours, l'idole de la foule. En France, les journaux parlaient avec enthousiasme de son courage. Mais en Russie ?... [...] la censure était encore très dure envers l'auteur de Résurrection. L'éditeur Souvorine n'avait jamais pu faire parvenir à son journal, Le Nouveau Temps, deux dépêches relatives à la santé de Tolstoï, les autorités de police les ayant interceptées. Il était interdit d'exposer des portraits de Tolstoï dans les librairies. Cet ordre ministériel devait être maintenu, disait-on, jusqu'à la mort du "coupable".



Pourtant, ce n'est pas ce qui dérange Tolstoï, c'est lui-même. Tout continue à le torturer, ses aspirations et la réalité, sa condamnation de la littérature et son désir d'écrire, dont témoignent quelques beaux textes dont le dernier, Hadji Mourat, hymne à la lberté, sans oublier les tensions qui déchirent la famille elle-même, entre Sofia et ses flls qui ne sont pas loin de penser que Tolstoï est fou, que Tchertkov abuse de lui, et ses filles qui, disciples passionnées du père, en particulier Alexandra, née en 1884,  se rangent à ses côtés. Entre 1881 et 1910, il n'y aura de répit, dans la famille, que le temps de l'exil de Tchertkov (1897-1907).
Jusqu'à ce que le 28 octobre 1910, Tolstoï quitte son domicile avec son médecin personnnel, une dame de compagnie et Alexandra (selon les sources, le nombre de ses compagnons de voyage varie), après avoir laissé une lettre d'adieu à Sofia. Il n'ira guère loin. Après un arrêt de quelques heures dans le monastère où se trouve sa soeur Maria, il repart, mais il est si fiévreux et si mal que le médecin le fait descendre dans la petite gare d'Astapovo, où, intransportable, il agonise six jours et meurt le 7 novembre, ignorant que la gare est devenue le centre de l'attention russe, mais aussi internationale.
Sa mort est pleurée dans le monde entier. En France, Le Mercure de France lui consacre une notice nécrologique le 10 décembre 1910 ; une motion est votée à la chambre des députés qui institue une journée de commémoration nationale, le 12 mars 1911.




Oeuvres essentielles de Tolstoï, dates de publication

septembre 1852 : Enfance, publié dans la revue petersbourgeoise Le Contemporain (rédacteur en chef, Nekrassov, poète ; la revue a été fondée par Pouchkine, elle publie les jeunes auteurs tenants de "l'ecole naturelle" prônée par le critique Bielinski )
1853 : L'Expédition punitive
1854 : Adolescence
1855 : Les Récits de Sébastopol dans Le Contemporain (en volume en 1856) — Tourgueniev les a salués par ces mots "Ce vin est encore jeune, mais quand il aura fini de fermenter, il en sortira une boisson digne des dieux."
1856 La tempête de neige
1857 : Jeunesse, Lucerne
1858 : Albert
1859  : Trois morts, Le Bonheur conjugal
1863 : Les Cosaques, Polikouchka (récit paysan)
1867-69 : édition en volume de La Guerre et la paix (tomes I-III, 1867 / tome IV, 1868 / tomes V et VI, 1869)
1875 -78 : Anna Karénine dans Le Messager russe. Parties I, II, et début du III, en 1875 ; parties III, IV et V en 1876 ; parties VI et VII en 1877. La partie VIII est publiée en édition séparée. Parution en volume en janvier 1878.
1881 : De quoi vivent les hommes ?, récit populaire et moral
1882 : Confession dans La Pensée russe, le numéro est saisi par la police. Circule sous le manteau. Publié en 1884 à Genève.
1879-1884 : Critique de la théologie dogmatique, publié à Genève en 1891 et 1896
1886 : La Mort d'Ivan Ilitch
1887 : La Puissance des ténèbres, mais la pièce est interdite de représentation. Première représentation en France en 1888, par le Théâtre libre d'Antoine; en Russie, à Moscou et Saint Pétersbourg, en 1895.
1891 : La Sonate à Kreutzer est inclus dans le tome XIII des Oeuvres complètes publiées par Sofia Tolstoï. L'oeuvre avait été terminée en 1889, mais interdite. Sofia n'a obtenu la levée de l'interdiction que pour l'insertion dans les Oeuvres complètes, le volume ne pouvant être imprimé séparément.
1892 : Mise en scène à Moscou des Fruits de l'instruction.
1892-94 : Réunion et traduction des quatre Evangiles (terminé en 1881), publié à Genève.
1893 : Le Royaume de Dieu est en vous, interdit de publication mais diffusé clandestinement.
1894 : Abrégé de l'Evangile, paraît à Genève
1895 : Maître et serviteur.
1897-98 : Qu'est-ce que l'art ?
1899 : Résurrection publié dans la revue Niva. Édition en volume en 1900 (les droits sont réservés aux  membres des "Doukhobors", un groupe d'objecteurs de conscience, refusant le service militaire et militant contre la violence)
1904 : termine Hadji Mourat (publication posthume, 1912, texte complet en 1917)




Léon Tolstoï, 1908

Léon Tolstoi, la veille de son quatre vingtième anniversaire, photographié (en couleur) par Serguei Prokoudine-Gorski (1863-1944), à Iasnaïa Poliana

Goerges Bourdon le décrit ainsi dans En écoutant Tolstoï (1904) : "tout en lui est démesuré : son front, haut et vaste comme la muraille d’une citadelle, son large nez, sa bouche épaisse, la broussaille grise de ses sourcils, de ses moustaches, de sa barbe de margrave, ses amples oreilles, ouvertes comme des prises d’air de navire, mais surtout ses yeux gris bleu, le regard aigu de ses yeux profonds, qui brillent comme des foyers, crépitent comme des cratères, et, quand ils fixent sur vous la flamme noire de leurs pupilles, se posent sur votre âme."




A découvrir
: les réactions, en France, à l'annonce de la mort de Tolstoï dans un article de Michel Aucouturier sur Persée.



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